La contraception dans l'histoire

 

 a- Naissance de la pilule.

 La contraception est un ensemble de méthodes visant à éviter de manière temporaire et réversible la fécondation. Avant la libéralisation de la contraception, l’infanticide et l’avortement étaient monnaie courante. Le premier prototype de pilule apparaît en 1951 à Mexico. Après de nombreux essais, en 1954 à Porto Rico, l’efficacité de ce contraceptif est prouvée, il stoppe l’ovulation. Cette première pilule contraceptive est commercialisée aux Etats-Unis en 1960, les principaux acteurs de son expansion sont Margaret Sanger, Katherine McCormick et Grégory Pincus. La première a assisté à la mort d’une mère de 3 enfants ayant voulu avorter seule, ce qui l’a poussée  à s’engager plus encore en faveur de la diffusion de la contraception orale. Cependant, au début quelques accidents sont signalés, le dosage d’hormones est revu à la baisse.

 

 

Margaret Sanger

          En Europe, c’est la Grande Bretagne qui la première expérimente la pilule. Le pouvoir politique français quant à lui refuse la légalisation de la contraception. C’est ainsi qu’en 1961, se crée dans la clandestinité le premier centre de planification familiale à Grenoble. On y importe des pilules venues d’Angleterre et de Suisse. Leurs vertus contraceptives ne sont cependant pas mentionnées, ces petits comprimés sont réputés pour régulariser les règles. De nombreux maux leurs sont injustement attribués comme le développement de certains cancers ou certaines malformations natales postérieures. La pilule est même parfois accusée de rendre stérile les femmes qui l’utilisent.

            C’est seulement en 1967 grâce à la loi Neuwirth, du nom du député qui l’a proposée: Lucien Neuwirth, que la contraception devient légale en France. Lors d’un flirt avec une jeune Irlandaise et juste avant le rapport, la jeune femme lui tendit une petite pastille. C’était le premier spermicide : Le Gynomine. Lucien Neuwirth est alors rentré en France avec la ferme intention de faire changer les choses. De plus il apprit le suicide d’une de ses amies, enceinte, que ses parents avaient mis à la porte. A la suite d’un long cheminement et quelques 20 années plus tard, la loi Neuwirth est votée à l’Assemblée Nationale en 1967. Cette loi abolit par la même occasion celle de 1920 visant à interdire toute publicité pour la contraception.

 

 

 

Lucien Neuwirth

    Dans les 20 ans qui vont suivre, la proportion de femmes entre 15 et 49 ans, prenant la pilule, va passer de 4% à 30%. Il faut attendre 1974 pour que la pilule soit délivrée au mineurs sans accord parental.
Avec l’apparition du sida dans les années 80, le préservatif revient au premier plan car il est le seul capable d’éviter l’infection.
En Juin 1991, on assiste à une mini révolution avec la mise en vente de la pilule du lendemain sans prescription médicale. En décembre de cette même année, cette contraception est rendue disponible dans les écoles. Elle deviendra gratuite pour les mineures 10 ans plus tard soit en 2001.
 

 

b- La contraception aujourd’hui.

          Aujourd’hui la population est la cible de nombreuses campagnes de sensibilisations au sujet de la contraception, en particulier les jeunes. Une nouvelle campagne a été lancée en 2007 par le ministère de la santé : « La meilleure contraception c’est celle que l’on choisit ». Le but de cette campagne est de sensibiliser les femmes à la contraception et de leur faire savoir qu'il y existe d'autres moyens contraceptifs que la pilule et le préservatif. Le gouvernement a ainsi tenté de réagir face à une proportion encore trop élevée et toujours en augmentation des Interruptions Volontaires de Grossesses (I.V.G.). Le nombre de grossesses non désirées chute depuis 30 ans et pourtant le nombre de recours à l’I.V.G en cas de grossesses accidentelles continue d’augmenter légèrement. Plus de 60% des femmes ont recours à une I.V.G. lorsqu’elles ne souhaitent pas être enceintes. Il y a plusieurs causes apparentes à cela : une absence de contraception pour 28.1% d’entre elles, l’utilisation d’une méthode naturelle comme le retrait dans 19% des cas ou encore une déficience du contraceptif utilisé. La pilule apparait déficiente dans près de 45% des cas des IVG .



 La pilule amène, qui plus est, son lot de contraintes dont la plus importante est l'inconvénient d'une prise quotidienne.


         Les oublis de pilule représentent un risque supplémentaire d’augmenter le nombre d’I.V.G. qui est déjà de 220 000 par an dont un quart serait attribué à des oublis de pilule. Selon un sondage, 79.4% des femmes ont déjà oublié ce fameux petit comprimé. Il s’agit pour 53.6% d’un oubli exceptionnel, 28% déclarent l’oublier parfois, 12.8% régulièrement et 5.6% souvent. L’I.V.G. est devenue monnaie courante, l’acte s’est dangereusement banalisé, c’est pourquoi il faut dès aujourd’hui se mobiliser sur l’avenir de la contraception.

 

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